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LE CIRQUE PHILOSOPHIQUE

À propos du Cirque Philosophique

Son histoire

Ses Sculptures suspendues

Ses Sculptures réversibles

Ses Sculptures nocturnes

Ses Sculptures murales

Son origine

Ses coffrets

le Cirque Philosophique dans l’espace public

La légende du Cirque Philosophique

Avant propos (extraits)

Il était une fois une histoire dont les personnages étaient l’espace et le temps, le ciel et la terre, le libre arbitre et le destin, la règle et le jeu, l’immobilité et le mouvement.

(…)

Mais cette fable compliquée – cette genèse – fut peu à peu oubliée. Peut-être, avant de disparaître, se transmit-elle pendant longtemps sous forme de tableaux, de scènes mimées, de mystères. Et sans doute est-ce de cette tradition qu’est née une autre légende, ancienne elle aussi, bien que plus proche de nous dans le temps. On dit qu’autrefois une famille d’acrobates, artistes errants dressant leur chapiteau à la croisée des chemins, représentaient, à quinze ou vingt mètres du sol, des fragments de cette antique histoire, de ce mythe ancestral. On dit qu’ainsi chaque soir, sous la coupole de leur cirque, espace, temps, règle, jeu, immobilité, mouvement, liberté et destin s’animaient à nouveau rituellement, renouant une fois encore leurs trames immémoriales.

(…)

Notes (extraits)

Un filin continue relie des acrobates, qui en déterminent ainsi la forme et la trajectoire. Telle est la règle.

(…)

Chacun de ces funambules porte en lui une gravité, une masse obscure émanant de sa présence, de la certitude qui s’en dégage. Et cette conviction altère l’espace autour de lui, de la même façon qu’un corps, en vertu de sa masse, modifie le champ gravitationnel à l’intérieur duquel il est plongé. Ainsi chaque acrobate modifie l’espace mais aussi le subit, car ce champ de force, avec lequel il interagit et qui s’applique en chaque point de l’éther, exprime la présence, obscure elle aussi, du destin. Il ne s’agit pas de la gravité d’un geste ou d’une attitude, mais bien d’un gravité ontologique, d’une ténacité qui prend sa source dans l’épaisseur même de l’être. Ce qu’à chaque fois elle manifeste, c’est cet abîme que chacun porte en lui et qui, mystérieusement, est aussi celui qui s’ouvre sous ses pas. En un jeu de miroir dans lequel intérieur et extérieur deviennent image l’un de l’autre, chaque acrobate s’avance librement dans l’abîme parce qu’il est lui-même porteur d’abîme. C’est pourquoi, pour lui, être signifie réfléchir l’abîme.

(…)

Au tout début s’étendaient un plan et une courbe, la terre et le ciel. Le ciel au loin rejoignait la terre, c’était l’horizon du connu, du familier. Mais sous la terre et au dessus du ciel l’espace continuait, l’espace s’étendait et là où s’interrompait la terre s’ouvraient des abîmes, cieux chavirés. Ainsi chaque terre devint-elle le ciel d’une terre enfouie, et l’envers de chaque ciel la terre d’un ciel plus noir, plus profond. Pourtant, tant que le premier ciel et la première terre restaient solidement rivés l’un à l’autre, ils formaient une sorte d’arche, un radeau à la fois précaire et solide, un port où retrouver, après chaque expédition dans les tumultes des gouffres, un plan d’eau calme, un enclos rassurant. Mais chaque expédition rapporte avec elle un peu de ces turbulences qu’elle a traversées et à chaque fois cette charnière cosmique menace de se rompre. Tôt ou tard elle le fera, peut-être même est-elle secrètement ouverte depuis longtemps, depuis toujours et la terre et le ciel non plus fatalement liés par la verticale mais libérés l’un de l’autre, à la dérive…

(…)

Première exposition des sculptures  du Cirque Philosophique, et publication de « Le Cirque Philosophique » au Castello di Vincigliata, Florence (Italie), 1998;

Texte et sculptures Christophe Loyer;

Photographies Carlo Gianni.

 

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