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ESPACES ET COLLECTIONS PUBLIQUES
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Quelques projets pour l’espace public

Quelques projets

Une ville invisible      /    Être et non être sortant d’un fond unique 

Une ville invisible

Musée d’histoire de Marseille, 2013, projet finaliste, consultation déclarée infructueuse

Sur le thème de  « La ville de demain », proposé par les concepteurs du nouveau musée de l’histoire de Marseille, une installation multimédia est demandée pour animer la dernière salle d’un parcours historique qui, partant des origines de la ville, conduit le visiteur jusqu’à la ville contemporaine. La proposition UNE VILLE INVISIBLE   propose au visiteur non pas de voir mais d’entendre que, quelle qu’elle soit pour chacun, cette Ville de Demain ne pourra se faire que dans le dialogue et le questionnement commun.

Ce visiteur, venant de la salle n°12 consacrée à la ville contemporaine,  découvre successivement trois éléments en interaction :

Dans le couloir reliant les salles 12 et 13, un choeur de voix.

Ce couloir est vitré, et surplombe le Jardin des vestiges: traces d’une voie romaine, vestiges du port antique. Proches du visiteur des voix murmurent et s’interpellent. Voix provenant du passé ou du  futur? Voix immatérielles qui s’interrogent sur un passé qui pourrait être notre présent, et sur la matière même du temps.

Regardez notre ville et son histoire… Regardez… Ecoutez…

– Dans la salle 13, une colonne  invisible relie le sol au plafond.

Echo des colonnes qui rythment l’architecture du musée, ou réminiscence de la tour de Babel, un pilier, montant depuis les profondeurs de la ville vers le ciel, semble traverser la salle 13 de part en part. À son tour ce pilier est creux, et percé de part en part par de nombreuses meurtrières. Son axe reste cependant invisible. C’est cette colonne secrète, fine  et inaccessible  qui contient (ou constitue, préfigure, représente) UNE VILLE INVISIBLE.

L’un des éléments du pilier est apparenté aux pierres du jardin des vestiges, suggérant que ce pilier pourrait, dans un état originel hypothétique ou imaginaire,  être antérieur au musée lui-même. Ce « vestige du temps » et ses failles, semblables à des viseurs, attirent les regards.

–  Au mur, derrière cette colonne, six écrans plasma sont regroupés.

En l’absence de spectateur, l’image est un grand carré noir sur fond blanc. Dès qu’un visiteur regarde à l’intérieur du pilier à travers l’une de ses failles, celui-ci réagit en émettant un son,  une rumeur. En même temps les écrans s’animent eux aussi. le regard du spectateur se traduit par un faisceau lumineux qui traverse l’image de part en part : ce carré noir est une radiographie du pilier. C’est sur cette radiographie géante que les visiteurs, dont chaque regard est comme un coup de pinceau lumineux sur ce tableau obscur, font apparaître les figures multiples d’UNE VILLE INVISIBLE.  La ville de demain, qui reste hors d’atteinte,  ne pourra se faire que dans le dialogue et le questionnement commun des habitants de la ville d’aujourd’hui.

 

 

– La rumeur d’UNE VILLE INVISIBLE

La rumeur associée à cette présence palpitante, qui ne se manifeste que lorsque les regards se tournent vers elle, sera construite à partir d’une empreinte sonore de Marseille : sa population, sa vie, son interaction avec l’espace, le vent, la mer. Sorte de rayonnement fossile de la ville, elle n’en contient pas moins pour chacun, mêlée à mille réminiscences, une image habitable de la ville de demain.

 

 

 Christophe Loyer, 2013

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