Collaborations

Avec Joey Köhnke, metteur en scène

Le théâtre des Concepts du Cirque Philosophique

Un jeu de balle dans lequel lumière et parole sont synonymes

Le théâtre de concepts du Cirque Philosophique, création en Résidence à l’Espace Contemporain de Morsang sur Orge, 2002. Texte, sculptures et dispositif scénique: Christophe Loyer; direction d’acteurs et mise en espace: Joey Köhnke; costumes: Evelyne Moisson-Bonnevie; avec la participation de Fabienne Girault, Véronique Berthier, Geneviève Darivon, Cécile Cornet

De part et d’autre d’une salle de 12 mètres de long, un texte concernant l’origine du Cirque Philosophique est projeté. Chacune de ces deux projections est le reflet de l’autre, comme s’il s’agissait de deux grands miroirs. Le public est disposé le long des deux autres murs. Plusieurs sculptures du Cirque Philosophique sont suspendues en hauteur sur la trajectoire des projections, de sorte que leurs ombres se découpent sur le texte projeté. Dans ce texte, dix mots apparaissent fréquemment qui sont mis en évidence par une typographie plus claire, ce sont les dix concepts du cirque Philosophique :  Règle, Jeu, Temps, Espace, Ciel, Terre, Liberté, Destin, Mouvement, Immobilité. Lorsque le spectacle commence, les acteurs sont placés contre les murs recevant les projections, de façon à ce qu’un de ces dix mot s’inscrive sur chacun d’eux. L’un des acteurs cependant est au centre de la salle, sur une ligne médiane qui sépare le plateau en deux parties symétriques. A ses pieds, une lampe en forme d’anneau est posée, et l’action commence au moment ou il s’en empare et l’allume. Les projections du texte sur fond noir et cette lampe anneau qui passera d’acteur en acteur sont les seuls éclairage d’une scène qui se trouve donc en grande partie dans la pénombre.

Règle de déplacement des acteurs

Elle s’inspire de la règle du fil continu reliant les acrobates du Cirque Philosophique, ce fil étant ici symbolisé par la lumière de la lampe-anneau. Le plateau devient alors un champ de forces, similaire au champ gravitationnel auquel sont soumis les acrobates dans leurs figures aériennes. Cette énergie peut être statique : la projection du texte au mur, ou dynamique : la lampe-anneau. En effet, la lumière de la lampe-anneau met en mouvement celui qui est éclairé, et donne la parole à celui qui la manipule. Parole et lumière sont donc les deux formes sous lesquelles l’énergie de ce champ de force qui anime les acteurs se matérialise.

  • Le personnage-concept à qui s’adresse la parole et vers qui est dirigée la lumière de la lampe-anneau s’anime et vient vers elle pour la prendre puis, loquace à son tour, la diriger et la passer à un autre. Ainsi le fil continu que constitue cette parole passe d’acteur en acteur accompagnée – ou suscitée – par le raie de lumière de la lampe-anneau, chacun de ces échange correspondant à une inflexion du texte porté tour à tour par un personnage-concept, puis par un autre.
  • Le fil ne doit jamais s’interrompre. Ce qui n’exclue nullement le silence ou l’immobilité, mais signifie que, même dans l’immobilité, une tension de mouvement est présente, et que le silence ne peut être que celui qui rayonne des mots eux-mêmes. C’est pourquoi le théâtre des concepts est autant un travail sur le texte que sur ce mouvement lumineux qui le porte et le transporte, une chorégraphie d’ombre et de lumière dans un espace de mots.
  • Lorsque les acteurs ne sont pas mis en mouvement par la lumière de la lampe-anneau, abandonnés à eux-mêmes ils retombent lentement dans la pénombre vers la projection (le mur) la plus proche, comme des particules se déposant peu à peu sur le fond d’une eau calme.

La LAMPE-ANNEAU; métal, mousse, réflecteurs, ampoules, piles rechargeables, diamètre 40cm, 2002.

Vecteur d’une lumière synonyme de parole elle peut être lancée, portée comme un turban, osciller comme un pendule, rouler au sol comme un cerceau…